abonder


abonder

abonder [ abɔ̃de ] v. intr. <conjug. : 1>
• 1120; lat. abundare « regorger »
1Être en abondance, en grande quantité. Les marchandises, les richesses abondent. Les fautes abondent dans ce texte. foisonner, fourmiller, pulluler. Loc. jurid. Ce qui abonde ne vicie pas : un moyen de plus ne peut que rendre la cause meilleure.
2 ♦ ABONDER DE, EN : (vx) avoir ou produire (qqch.) en abondance. Pays qui abonde en vigne. regorger. Mod. ABONDER EN : être plein de, rempli de, riche en. Abonder en événements. Le texte abonde en citations. « Elle abondait en saillies charmantes » (Rousseau).
3Absolt Abonder dans le sens de qqn : parler dans le même sens que lui, être tout à fait de son avis.

abonder verbe intransitif (latin abundare, de unda, flot) Se trouver quelque part en abondance, en grande quantité : Les erreurs abondent dans ce texte.abonder (synonymes) verbe intransitif (latin abundare, de unda, flot) Se trouver quelque part en abondance, en grande quantité
Synonymes :
Contraires :
abonder verbe transitif indirect Contenir en grande quantité : Grammaire qui abonde en exemples.abonder (expressions) verbe transitif indirect Abonder dans le sens de quelqu'un, donner des arguments qui vont dans le sens de ce que dit quelqu'un, être tout à fait de son avis.

abonder
v. intr.
d1./d être, exister en très grande quantité. Les fruits abondent cette année. Syn. foisonner.
d2./d Abonder en, de: avoir, produire en très grande quantité. Une région qui abonde en gibier. Syn. regorger.
d3./d Abonder dans le sens de qqn, soutenir la même opinion que lui et la justifier par des arguments supplémentaires.

⇒ABONDER, verbe intrans.
I.— Emploi absolu. Être disponible en grande quantité.
A.— [En parlant de ce qui est nombrable]
1. [Le suj. est une notion abstr.] :
1. ... surtout sa rivière, sa rivière limpide, tranquille et sauvage, où foisonnent les truites, où abondent les légendes, où se hérissent les rochers, où le flot, compliqué d'écueils, n'est qu'un inextricable réseau de tourbillons et de courants; ...
V. HUGO, Le Rhin, 1842, p. 308.
2. L'acrimonie vigilante, les insinuations perfides, les commentaires fâcheux, les inventions gratuites, la commisération hypocrite et toutes les variantes de ce Protée qu'on appelle la méchanceté abondent, pullulent à tous les étages et dans tous les cercles de cette ville acide.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 11 févr. 1866, p. 129.
3. Qu'espèrent les socialistes de leur système? Un peu plus de justice, un peu plus d'égalité? Je le veux. Mais, que la justice et l'égalité abondent ou bien qu'elles se raréfient dans la vie d'un état, le commerçant reste commerçant, le poète, poète : pour peu que celui-ci s'absente dans son rêve, il perd un peu du temps que l'autre continue d'utiliser à courir l'or qu'ils cherchent ensemble.
Ch. MAURRAS, L'Avenir de l'intelligence, 1905, p. 64.
2. [Le suj. est un obj. concr.] :
4. Les armoiries, les manteaux héraldiques, la mitre, la couronne, le chapeau électoral, le chapeau cardinal, les sceptres, les épées, les crosses abondent, s'entassent et s'amoncellent sur ces monuments, et s'efforcent de recomposer devant l'œil du passant cette grande et formidable figure qui présidait les neuf électeurs de l'empire d'Allemagne et qu'on appelait l'archevêque de Mayence.
V. HUGO, Le Rhin, 1842, p. 244.
5. L'étudiant parqué dans le quartier latin y a la connaissance la plus exacte des Temps : il sait quand les haricots et les petits pois réussissent, quand la Halle regorge de choux, quelle salade y abonde, et si la betterave a manqué.
H. DE BALZAC, Les Illusions perdues, 1843, p. 208.
3. [Le suj. est un être vivant] :
6. En regard des coquettes, il faut placer les mystiques. Elles sont rares dans les romans de nos écrivains, elles abondent dans ceux de Tourguéniev.
P. BOURGET, Nouveaux essais de psychologie contemporaine, 1885, p. 246.
B.— [En parlant d'obj. nombrables ou non nombrables, avec insistance sur leur apparition continue] Affluer :
7. Quand, l'âme doucement émue,
J'y reviens méditer l'instant où je l'ai vue,
Et l'instant où je dois la voir.
Pour elle seule encore abonde
Cette source, jadis féconde,
Qui coulait de ma bouche en sons harmonieux.
A. CHÉNIER, Odes amoureuses, Fanny, 1794, p. 219.
8. Tout récemment, à la Villette, quand il a fallu, sans interrompre la navigation et sans vider le canal, faire passer l'égout collecteur sous le canal Saint-Martin, une fissure s'est faite dans la cuvette du canal, l'eau a abondé subitement dans le chantier souterrain, au delà de toute la puissance des pompes d'épuisement : il a fallu faire chercher par un plongeur la fissure qui était dans le goulet du grand bassin, et on ne l'a point bouchée sans peine.
V. HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 524.
9. Vers cette époque se produisit un événement mondain. D'inconstantes rumeurs, pareilles à celles qui foisonnèrent au-dessus d'une grande chute, abondaient maintenant autour d'une étonnante résurrection. L'histoire du lent effritement des Préfailles resta, pour le commun des hommes, perdue dans les brumes augustes où s'enveloppe le malheur des grands.
J. MALÈGUE, Augustin ou le Maître est là, t. 1, 1933, p. 78.
C.— Emploi fig. [abonder + compl. d'obj. interne non exprimé]
1. Emploi absolu. Parler avec abondance, jaser :
10. Il faudrait l'entendre lui-même s'étendant au long sur le mérite si extraordinaire de son beau-père, de sa belle-mère, et de tout ce qui leur attenait; car il abonde et ne tarit plus, une fois sur ce chapitre des alliances, des parentés, et des mérites de tous les siens.
Ch. A. SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, 1842, p. 249.
2. Abonder dans le sens de qqn :
11. Je ne suis jamais à ma place : je ne la connais même pas bien. Je cède surtout par une sorte de paresse d'esprit et pour ne pas disputer. J'abonde extérieurement dans un sens que je désapprouve au fonds. Je me donne un air hypocrite. Ce n'est pas ainsi qu'on se rend considérable.
MAINE DE BIRAN, Journal, 1817, p. 47.
12. Tu ne veux pas être importun, indiscret, curieux et par conséquent, dès qu'on se détourne un peu, tu abondes dans le même sens. C'est là ton excès. Reconnais pleinement le droit d'autrui et ne fais pas valoir pleinement le tien.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 4 juin 1866, p. 309.
13. Peut-être préférait-elle la façon de Georges. Et celui-ci, malgré sa finesse ironique, n'était pas loin de se laisser convaincre par la foi de son amoureuse. Christophe n'y contredisait pas; malicieusement, il abondait dans le sens de la jeune fille (quand il ne lui arrivait pas toutefois, de quitter la place, excédé, en frappant les portes un peu fort).
R. ROLLAND, Jean-Christophe, La Nouvelle journée, 1912, p. 1573.
14. CONSTANT, riant. — Mais en quoi mes paroles...
GABRIELLE. — En rien! Tu as raison!... C'est la vérité. Vous êtes des esclaves courbés sous ma loi!
CONSTANT. — Ma chère enfant...
GABRIELLE. — Tous vos actes sont dictés ou suggérés par moi seule!
CONSTANT. — Enfin Gabrielle...
GABRIELLE. — Mais je te donne raison J'abonde dans ton sens!
H. BERNSTEIN, Le Secret, 1913, II, 8, p. 23.
15. Il y avait en lui des erreurs; elles étaient nécessaires; il se devait d'en supporter les conséquences, sans s'en étonner ni en souffrir; elles entraient dans le cortège des nécessités qu'il était, qu'il avait l'honneur d'être. Il valait mieux qu'il abondât dans son genre que de le contredire, puisqu'il ne pouvait pas l'effacer : à propos d'une fille qui avait le genre antique et s'habillait de volants, M. Godeau pensait à son âme.
M. JOUHANDEAU, Monsieur Godeau intime, 1926, p. 150.
Rem. Noter dans la lang. fam. le raccourci abonder avec le même sens :
16. Et puis deux mille francs à ton oncle! Ton père le répétait ce matin... C'est de la vraie aberration! Et c'est bien exact!... J'ai pas voulu abonder mais ton père voit clair!... Il n'a pas les yeux dans sa poche! Je me demande où nous allons dénicher, fabriquer une somme pareille! Deux mille francs!...
L.-F. CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 243.
Rem. 1. En fr. mod. abonder dans son (propre) sens serait iron.; il signifiait plus anciennement « s'obstiner en répétant la même opinion » (cf. hist.) :
17. ... mais ils ne répondent mot, et me mettent en prison. Quel argument, je vous prie? Est-ce là raisonner? Dès lors, plus de doute. J'ai dit la vérité; j'abonde dans mon sens et n'en veux pas démordre. Ma remarque subsiste. Me voilà convaincu, et le public avec moi, qu'ils ne savent que dire, qu'ils n'ont pas même pour eux de mauvaises raisons;...
P.-L. COURIER, Pamphlets politiques, Réponses aux anonymes, 1822, p. 148.
18. Il réfléchit donc, puisque observer, expérimenter, c'est réfléchir; il raisonne, puisqu'il ne peut pas ne pas raisonner; et en réfléchissant, il se fait illusion; en raisonnant, il se trompe, et il croit avoir raison, il s'obstine, il abonde dans son sens, il s'estime lui-même et méprise les autres. Dès lors il s'isole, car il ne pourrait se soumettre à la majorité qu'en faisant abnégation de sa volonté et de sa raison, c'est-à-dire qu'en se reniant lui-même, ce qui est impossible.
P.-J. PROUDHON, Qu'est-ce que la propriété? 1840, p. 319.
Rem. 2. Dans l'ex. suiv. abonder dans signifie « s'abandonner, se soumettre à » :
19. Ainsi, d'un côté, les principes, de l'autre, une inquiétude vague m'empêchèrent longtemps d'abonder dans les regards assassins de la princesse autant qu'elle l'eût désiré.
L. REYBAUD, Jérôme Paturot, 1842, p. 293.
II.— [Suivi d'un compl. introd. par les prép. de ou en] Avoir à sa disposition, contenir ou produire quelque chose en très grande quantité.
[Le suj. est une entité abstr.] :
20. La religion schismatique grecque est une lettre morte; elle ne commande point des vertus, mais des grimaces; elle abonde en exigences minutieuses et en prescriptions vexatoires; elle excelle à macérer le corps sans profit pour l'esprit; elle fatigue le bras sans fortifier le cœur; elle incline le corps vers la terre sans élever l'âme vers le ciel : cette religion, fille du bas-empire, participe de l'imbécilité byzantine.
A. ABOUT, La Grèce contemporaine, 1854, p. 282.
21. ... j'oscille entre deux tendances contraires : la bienveillance humaine qui abonde en sympathie; la défiance qui se retire à l'écart. Par nature, j'incline à la tendresse et à la douceur envers tous les êtres et en particulier envers ceux de mon espèce; mais par expérience et par instinct de justice, je les ai en suspicion.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 9 janv. 1866, p. 54.
[Le suj. désigne une pers.] :
22. Il abondait de renseignements; il était alphabet et almanach; il était étiage et tarif. Il savait par cœur le péage des phares, surtout des anglais; un penny par tonne en passant devant celui-ci, un farthing devant celui-là.
V. HUGO, Les Travailleurs de la mer, 1866, p. 139.
Stylistique — Abonder appartient à la lang. cultivée, litt.. Le caractère recherché de l'emploi de abonder est net dans les expr. : j'abonde dans mon sens, qui fait fig. d'arch., et abonder dans le sens de qqn. D'où l'imitation maladroite de cette dernière expr. dans les Facéties du sapeur Camember de Christophe : ,,J'ai fait la bonde dans votre sens, m'sieur l'Tondeur, comme y dit l'major qu'est un homme éduqué`` (p. 49, P., A. COLIN, 1898).
Prononc. — 1. Forme phon. :[], j'abonde []. 2. Dér. et composés : abondamment, abondance, abondant. Cf. bonder.
Étymol. — Corresp. rom. : prov. abondar; ital. ab(b) ondare; esp., cat., port. abundar; sarde abbundare; roum. abunda.
1. Début XIIe s. « être en quantité plus que suffisante », introd., ds trad. (Ps. Oxford éd. F. Michel, LXI, 10 : richeises si vus abundent, ne voilez le cuer aposer); 1160-1170 « id. » (CH. DE TROYES, Erec, éd. M. Roques 4040 : Einz est au chevalier del monde An cui graindre proesce abonde, Mon seignor Gauvain le hardi); 2. début XIIe s. abonder de « avoir qqc. en quantité plus que suffisante », ds trad. (Ps. Oxford, id., LXIV, 14 : Vestu sunt li multum des oeilles, e les valedes abunderunt de frument); mil. XIIIe s. « id. » (P. MEYER, Lég. de G. de Rousillon ds Romania, VII, [affluentissimus], 179) il estoit tres habondanz de grant heritaige en patrimoine; 3. XIIe s. « donner en quantité plus que suffisante » trans. (Girard de Roussillon, éd. Mignard ds T.-L. : Mains povres mendians de ses biens habunda); [ca 1160, WACE avonder « rassasier, satisfaire » Chron. ascend. ducs de Norm. 52 ds Rou éd. Andresen ds T.-L. : D'aveir sunt cuveitus, n'en nes puet avunder; XIIIe s. jud.-fr. avonder « suffire » ds Romania, XXXIX, 140; cf. du point de vue sém. : lyonn. « suffire » : Je n'abonde pas à la besogne ds PEZARD, Romania, LXXIII, 531]
Empr. au lat. abundare (au sens propre de « couler en abondance, en parlant de l'eau » dep. VARRON ds TLL s.v., 231, 20; empl. fig. ds PLAUTE, Stichus, 279 ibid., 231, 19 : abundat pectus laetitia meum) attesté au sens 1 dep. TITE LIVE, 2, 41, 9 ibid. 231, 61; cf. lat. médiév. début Xe s. : HROTSVITHA, Resuscitatio, 9 Calinachi, 25 ds Mittellat. W. s.v., 67, 40 : gratiam in nobis gaudemus abundare; à rem. : Vulg. Ps. LXI, 10 : devitiae si affluant; au sens 2 dep. TÉRENCE, Haut., 527 ds TLL ibid. 233, 1 : is non ditiis abundet; fréq. emplois en relat. avec ager, terra...; cf. Vulg. Ps. LXIV, 14 : et valles abundabunt frumento; au sens 3 en lat. chrét. : Vulg. II Cor., 9, 8 ds TLL ibid., 235, 38 : potens est deus omnem gratiam abundare; cf. GÖTZ, Gloss. V, 649, 12 : abundare : abunde dare (= rapproch. avec dare par étymol. seconde). Graph. hab- (cf. Anecdota helvetica, éd. Hagen, 300, 26 ds TLL ibid., 231, 10 : abut, abundat, sine h) prob. étymol. seconde par rapprochement avec habere. Hyp. d'étymol. seconde a + bond- (GAM. ds Z. rom. Philol. XLIII, 515) ne semble pas confirmée par l'a. fr. [avonder, de formation pop.; au sens de « suffire », cf. IVe s. Hegesippi de bello judaico 5, versio lat. 23 ds TLL, ibid., 23 : abundat unius vestimentum ad sepulturam duorum.]. — Berger, s.v.
HIST. — Abonder apparaît très tôt dans la lang. (XIIe s. cf. étymol.) avec dès l'orig. les 2 sens princ. attestés de nos jours (cf. sém.); mais il possède aussi d'autres accept. qui, au cours de son évolution, se révèlent moins stables (vieillies, sinon disparues, dans la lang. contemp.).
I.— Disparitions av. 1789. — A.— « donner en abondance », attesté du début du XIIe s. (cf. étymol. 3) au XIVe s. : Monde, se tu honneur m'abondes Et plenté, et puis me vergondes. WATRIQUET DE COUVIN, Despis du monde, 16, Scheler (Gdf.). B.— « rendre abondant », une attest. isolée au début du XVIIe s. : Les brebis alaictantes seront mieux traitees que les autres... pour les abonder en laict. O. DE SERRES, Theâtre d'Agric., 1600, IV, 13 (Hug.).
II.— Hist. des sens et accept. attestés apr. 1789. — A.— « être en grande quantité », 1er attest. début du XIIe s. (cf. étymol. 1), subsiste (cf. sém.). B.— « avoir en grande quantité », 1re attest. début du XIIe s. (cf. étymol. 2), subsiste (cf. sém.). — Rem. Gén. constr. avec en, il s'est constr. qqf. avec de, notamment à l'orig. (cf. étymol. 2, 1res attest.) et dans la lang. class. : Si quelques hommes abondent de biens. LA BRUYÈRE (Besch. 1845). Dans les faux biens dont sa misère abonde. J.-B. ROUSSEAU (Lar. 19e). De nos jours, cette constr. est considérée comme vieille (cf. Pt. ROB.). C.— Au fig. : 1. abonder dans son sens « être attaché avec opiniâtreté à sa manière de voir », attesté dep. FUR. 1960. Ce sens, très vivant aux XVIIe et XVIIIe s. d'apr. la multiplicité des ex. donnés ds Lar. 19e, est vieilli et peu attesté aux XIXe et XXe s. (cf. sém.). Il disparaît même chez les lexicographes récents (ROB., Lar. encyclop., Lar. 3, DUB.) qui ne citent plus que l'expr. suiv. (cf. inf. C 2). 2. abonder dans le sens de qqn, p. ext., « être de son avis, se ranger à son opinion », attestée dep. Ac. 1835 et encore couramment empl. (cf. sém.). D.— Jurispr. L'adage ce qui abonde ne vicie pas ou ne nuit pas pour dire qu'une raison ou un droit de plus ne peut que rendre une cause meilleure, ou encore qu'une formalité non prescrite, mais non défendue, n'empêche pas la validité d'un acte, empl. à l'orig. (Ac. 1694) dans la lang. jur. est passée dans la lang. cour. et fam. dep. le mil. du XIXe s. pour signifier « on n'a jamais trop de ce qui est bon » (cf. le proverbe abondance de biens ne nuit pas). E.— « augmenter, excéder, dépasser, exagérer », verbe actif et intrans., qualifié de vieux dès le 1er dict. qui en fait mention (Ac. Compl. 1842), cité ensuite uniquement par BESCH. 1845 et Lar. 19e. 1. Il a pu, en raison de son sens étymol., être pris comme verbe actif et avoir cette signif. qui ne subsiste plus que p. allus. à l'anc. législ. dans l'expr. abonder plus grande somme « exagérer le prix d'un héritage, pour en tirer frauduleusement une somme plus forte ». 2. Il peut encore être empl. comme verbe intrans. : Il se dit proprement des eaux, et signifie, venir, couler en abondance. Les eaux abondent dans cet étang. LAVEAUX (Besch. 1845). Cf. aussi ex. 19.
STAT. — Fréq. abs. litt. :659. Fréq. rel. litt. :XIXe s. : a) 1 050, b) 1 189; XXe s. : a) 756, b) 812.
BBG. — DUPIN-LAB. 1846.

abonder [abɔ̃de] v. intr.
ÉTYM. 1120; du lat. abundare « affluer, regorger ».
1 Être en grande quantité, en abondance.(Sujet n. de chose). || Les marchandises abondent. Foisonner. || Les fautes abondent dans cette copie. Fourmiller, grouiller (fig.), pulluler. || Les céréales, les minerais abondent dans ce pays.Vx. || Abonder à qqn.
1 Le riche, à qui tout abonde.
Bossuet, Sur l'impénitence finale, 1.
2 Je tremble, et dans ma bouche abondent les paroles
Quand son nom gigantesque, entouré d'auréoles,
Se dresse dans mon vers de toute sa hauteur.
Hugo, les Orientales, XL.
3 La large pluie abonde aux feuilles remuées.
Hugo, la Légende des siècles, XXXVI, 1.
(Sujet n. de personne).
4 C'était un rendez-vous de plaisir où abondaient, depuis bien des années, intrigants, financiers, chevaliers d'industrie, filles de joie.
Jaurès, Hist. socialiste…, t. I, p. 358.
Vieilli. Couler en abondance. || Source, eau qui abonde.
Loc. jurid. Ce qui abonde ne vicie pas (du lat. Quod abundat non vitiat) : ce qui est de trop, (moyen superflu ou formalité non prescrite), n'empêche pas la validité de l'acte.Par ext., fam. : on n'a jamais trop de ce qui est bon, abondance de biens ne nuit pas.
2 Vx. (Sujet n. de personne). Parler avec abondance. || « Il abonde et ne tarit plus, une fois sur ce chapitre » (Sainte-Beuve).
3 Abonder de (vx), en : posséder ou produire en grande quantité. Vx. || Pays qui abonde en vigne. Regorger. Mod. Être plein, rempli, riche de… || Abonder en événements, en paroles.
5 Elle abondait en saillies charmantes qu'elle ne recherchait point et qui partaient quelquefois malgré elle.
Rousseau, les Confessions, II, p. 290.
6 (Il) abondait en renseignements; il était alphabet et almanach (…)
Hugo, les Travailleurs de la mer, I, V, 1.
7 Lui qui était volontiers taciturne il abondait en paroles.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, II, p. 65.
4 Fig. (Sujet n. de personne). || Abonder dans le sens de qqn : parler dans le même sens que lui, se ranger tout à fait à son opinion. || Abonder dans le même sens, dans tel ou tel sens. || J'abonde dans votre sens.
8 J'abonde dans votre sens, et je vous dis : Aimer, c'est se donner corps et âme (…)
A. de Musset, la Confession d'un enfant du siècle, I, 5.
5 Régional. || Ne pas abonder à… (et inf.) : ne pas cesser, ne pas s'arrêter de…
9 Barthélemy Piéchut leva les bras.
— Ma pauvre demoiselle, je n'abonde pas à m'occuper de tout ! C'est la mairie, les paperasses (…) Je n'abonde pas, je vous dis.
G. Chevallier, Clochemerle, p. 138.
CONTR. Manquer.
DÉR. Abondement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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